Un matin, à l’aube, un superbe animal blanc jaillit des flots comme si ceux-ci venaient de lui donner la vie. C’était un grand cheval immaculé avec de longues ailes sur le dos.
Il secoua les dernières gouttelettes qui mouillaient encore son pelage et s’envola, pressé de visiter son nouveau domaine.
Il voulait rencontrer des amis mais les habitants de la contrée étaient si minuscules que ses sabots détruisaient leurs villages et risquaient de les blesser.
Tristement il dut se résoudre à partir loin de ce pays merveilleux s’il voulait rencontrer des êtres à sa taille, pour jouer, s’ébattre et s’envoler dans le ciel…
Après de longs jours de chevauchée et de vol solitaires, il aperçut une silhouette qui broutait dans une vaste prairie. C’était une belle jument, couleur de neige, avec une longue corne sur le front.
« Bonjour, lui dit-il, je suis si heureux de te rencontrer, j’étais si seul…
- Je m’appelle Licorne, répondit-elle avec un gracieux hennissement, j’ai été baptisée par la lune, le ciel et les étoiles. Et toi, quel est ton nom ?
- Je l’ignore répondit-il tristement, je n’ai rencontré personne depuis que les flots m’ont donné la vie…
- Je vais donc t’appeler Destrillule, car tu es un fringuant destrier élégant comme une libellule lorsque tu voles dans les airs, ce nom te plait-il ? »
Destrillule était bien trop heureux d’avoir une compagne de jeux pour répondre, il s’envola et Licorne galopa.
Le cheval ailé pouvait rester longtemps dans les airs, se laissant porter par le vent, mais Licorne se fatigua très vite et dut vite se reposer.
Tristement Destrillule revint vers elle, déçu que leur jeu finisse déjà. Il marcha à ses côtés mais ses ailes se déployaient seules et il s’envolait, son amie était morte de fatigue à force de galoper .
« Pars, dit la Licorne, notre amitié est impossible, tu es une créature de l’air et moi de la terre.
Trouve toi une compagne ailée comme toi… »
Une larme coula lentement le long de son museau et tomba à terre. La petite larme grossit et se transforma en un beau jeune homme.
« Je suis le génie des amours impossibles, se présenta-t-il…
Je peux vous aider mais il vous faudra chacun faire un très gros sacrifice…
- Je renonce à mes belles ailes, décida Destrillule, sans elles je pourrai galoper près de ma belle sans m’envoler.
- Et moi dit la licorne, je t’offre ma jolie corne, ainsi je pourrai frotter ma tête contre celle de mon fringant destrier sans le blesser… »
le 17/12/2007 à 19h11